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Architecture et environnement

1- Architecture
Architecture de Micropolis
Micropolis
et son architecture.
haut debit (9 Mo)
320x240 px (2mn52)
bas debit (3 Mo)
240x180 px (2mn52)
   Dialoguer
Toute observation induit des bouleversements. La pénétration dans l'univers de l'insecte, comme toute observation scientifique, est difficilement réversible et nous fait comprendre que l'homme et la nature sont indissociables. L'homme imprime irrémédiablement la nature : l'architecture en est une trace et des plus évidentes.
La trame orthogonale qui permet au visiteur de pénétrer dans la cité des insectes est une empreinte faite dans le sol, le reste nécessaire de la division entre le naturel et l'artificiel. Cette structure neutre et régulière est établie et orientée : le bâtiment naît de la confrontation de cette trame unique, orthogonale et la nature multiple, foisonnante te irrégulière. Les références humaines sont ainsi imprimées au milieu naturel et le visiteur découvre le monde des insectes par ce réseau géométrique qui toujours s'oppose et se mesure à la structure organique.
Le changement d'échelle s'opère continuellement à la limite entre ces deux mondes.
   De la métaphore à la métamorphose
L'inspiration des formes de la cité des insectes trouve son origine dans les trois règnes du minéral, du végétal et de l'animal. Les murs des failles sont la limite, l'épiderme et la métaphore d'une découpe symbolique du sol naturel. Les poteaux de la charpente sont comme autant de brins d'herbes. La façade occidentale est faite d'une multitude d'écailles de verre comme une aile de papillon est constituée d'une multitude de tuiles colorées.
Mais l'analogie avec le naturel à des limites. Le sens de la visite est différent, du plus confiné au plus aérien, de la caverne à la volière, comme la vie de l'insecte qui passe de la larve à la nymphe puis à l'insecte ailé.
   Les champignons-fleurs
L’aspect de la complexité formelle de la couverture, à l’image de nombre d’exemples de la nature, est le résultat d’agencements successifs. La composition générale est faite à partir d’éléments simples et identiques d’une seule famille d’objets, les « fleurs ».
Seulement cinq variations dimensionnelles de cette « fleur » permettent de construire l’ensemble de la carapace-couverture.
   La façade vers le jour
Plusieurs principes sont à l’origine de cette façade. D’abord le visiteur ne doit pas voir le paysage depuis l’intérieur, sa perception de l’extérieur doit être modifiée. Il faut également, dans l’idée de métamorphose, que cette façade évoque l’envol par des vues uniquement dirigées vers le ciel. Enfin la lumière extérieure doit être filtrée afin de ne pas détruire l’effet de sous-bois, de frondaison minuscule qui règne à l’intérieur.
Les motifs des écailles de verre reprennent l’idée de l’itération et de multiple. L’aile de papillon est un exemple merveilleux de ce que la nature nous offre : L’aile fortement grossie donne à voir un paysage fait d’une multitude de points colorés et juxtaposés comme à une toute autre échelle, les papillons rassemblés par milliers ondulent véritablement par le battements de leurs ailes et constituent un paysage mouvant. Transposée, chaque écaille de verre rappelle par sa position et sa couleur l’ensemble de la façade fractale et chaque point de couleur est en rapport avec la composition de l’ensemble.

B. DECARIS, architecte
D. CLERIS, chef de projet de l’agence DECARIS
2- La scénographie
  
Passerelles

La scénographie de Micropolis s’inscrit dans un double contexte formel (l’architecture) et pédagogique (le contenu). Il s’agit de faire sens dans un espace et un temps.
Aussi le parcours se développe-t-il sur quinze salles, de morphologie très diverses, qui traitent d’autant de thèmes et dont l’enchaînement permet au visiteur d’appréhender les différentes facettes du sujet.
Cependant, chaque espace possède une certaine autonomie et le contenu didactique est dispensé autour ou dans des « points chauds » : les mannequins hybrides illustrent les six principaux caractères morphologiques de l’insecte, le coléoptère-cinéma est précédé d’une procession qui témoignent de la bio-diversité, le chêne désigné ambassadeur du règne végétal est victime de ravageurs et de parasites.
Les mises en scènes qui, chaînées, forment l’ossature du développement scientifique, dressent des « ponts » entre le visiteur et l’information, de véritables passerelles pédagogiques qui servent une meilleure compréhension.
Le résultat en est une succession d’espaces polymorphes, fédérés par une déclinaison thématique logique.
Celle-ci est illustrée par maquettes et cartels, traités à la manière de petits écrins précieux et fragiles, qui dialoguent avec les décors aux géométries variables, comme façonnés par les insectes.
   Gestation
Au cours des différentes phases de la conception, une discussion de fond sur le contenu et sa mise en espace s’est engagée. Elle a impliqué tous les acteurs qui se mobilisaient alors pour faire du centre un lieu vivant et de qualité.
C’est au gré des échanges riches, parfois houleux, jamais inutiles que le projet s’est construit.
A partir des différentes remarques et suggestions faites par les élus, les scientifiques et les responsables en charge du projet, les fondements de ce qui allaient devenir le parcours scénographique ont été posés ? Aux nombreuses réunions dédiées à la conception du centre ont vite succédé celles consacrées à sa construction. C’est alors que sont entrés en scène les artisans de la transformation que sont les graphistes, les maquettistes, le musicien, l’éclairagiste, les constructeurs de décors, les monteurs audiovisuels, les infographistes, le bio-fournisseur, le régisseur qui ont tous donné corps au projet et ont permis de le rendre tangible, palpable..
   Ambiances et matériaux
A la richesse des environnements qui entourent les insectes fallait-il répondre par des choix justes en terme d’ambiances et de matières. Rapidement, l’idée d’imiter le vrai l’enceinte de la cité des insectes a été abandonnée au profit d’une interprétation plus libre et plus théâtrale.
Le décor cocon d’ « être insecte » ou les totems d’ « incroyable mais vrai » sont de libres variations sur le thème des insectes et des matériaux.
Quant à la pente de pollen de « en harmonie » et aux tranchées de « en société », elles ont été traitées de façon très minimalistes afin de mettre en valeur les objets qui y sont intégrés.

Nicolas BEQUART,
Scénographe de l’agence CONFINO & CO

3- Thématique scientifique et principes pédagogiques de Micropolis
   
A la découverte du monde des insectes

Les insectes ont un statut particulier dans le cadre des rapports qu’entretiennent les humains avec le monde qui les entoure : Ils sont très proches et très présents dans le quotidien de l’homme, et en même temps très mal connus et mystérieux. Par ailleurs, leur extraordinaire diversité, reflétée ne serait-ce que par le nombre incroyable d’espèces connues, est à la fois un atout et un handicap
pour celui ayant pour mission de transmettre la part essentielle des savoirs entomologiques.
Permettre d’accéder à ce monde et d’en comprendre les principes de base de son fonctionnement, lever un coin du voile des mystères et révéler à tous les éléments fondamentaux de la biologie et de l’écologie des insectes, tout cela figure parmi les objectifs pédagogiques premiers du projet Micropolis. Ces objectifs contribuent ainsi à ce qui peut être considéré comme la véritable mission du centre : faire prendre conscience de l’étroitesse de nos relations, heureuses ou malheureuses, avec les insectes et de la fragilité de notre monde commun.
   Un vrai défi
La définition du contenu scientifique et pédagogique de Micropolis s’est élaborée par dialogues et rebonds successifs tout au long du projet. L’intégration d’idées et d’expériences personnelles, les créativités de l’architecte et du scénographe, les préconisations de la maîtrise d’ouvrage et des comités scientifiques et la prise en compte de la réalité du public ses sont confrontées et conjuguées pour aboutir à la définition du contenu final.
La vrai difficulté a consisté à faire coïncider une logique de parcours thématique avec le parti-pris de l’architecte ( de l’ombre vers la lumière, des espaces fermés vers des espaces ouverts) et avec les idées foisonnantes du scénographe. Dans un rôle de passerelle entre un univers scientifique doté par essence d’un certain art du compromis était indispensable. Et c’est ainsi qu’une arche de Noé s’est raisonnablement transformé en coléoptère-cinéma.

 

Le parcours de visite
Le parcours s’est finalement stabilisé sur un enchaînement intégrant totalement logique de découverte et parti-pris architectural et scénographique.
   L’ombre planante de Jean-Henri FABRE
Un siècle après les Souvenirs entomologiques, qui plus est dans un village qui a su entretenir vaillamment la mémoire de FABRE, il ne pouvait être question de pédagogie entomologique sans un hommage véritable au grand homme. C’est la raison pour laquelle FABRE est présent dans pratiquement tous les espaces de Micropolis et que le centre lui-même lui est dédié.
De la conception à l’installation
La bonne compréhension des contraintes des uns et des autres, doublée d’un respect réciproque des idées générées individuellement ou collectivement, a permis une évolution progressive de la conception vers la fabrication puis l’installation sur site. Pour chaque espace, le choix précis des sujets traités, l’écriture calibrée des textes, la sélection des images fixes et animées…nécessitaient une osmose parfaite, un dialogue permanent avec le scénographe et les acteurs chargés de la réalisation concrète des éléments pédagogiques et scénographiques. Tout ce que nous avions imaginé pendant des années prit corps. Et ce fut vraiment plaisant de suivre, entre autres, l’élaboration des éléments du graphisme, la fabrication des mannequins, des maquettes et des terrariums…

Luc Gomel
Conseiller scientifique de Micropolis

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